Séminaires doctoraux

L’École doctorale pilote les séminaires doctoraux.
Une dizaine de cycles de séminaires sont ouverts chaque année.
Chaque séminaire de sept séances de deux heures par année académique est dirigé par un Directeur de recherche ayant au moins dix doctorants.

Plusieurs dispositifs pédagogiques fonctionnent simultanément.
Les séminaires méthodologiques combinant l’intervention de l’enseignant, d’un invité et/ou de doctorants constituent le dispositif le plus fréquent.
De plus en plus de séminaires sont insérés dans le parcours doctoral et permettent à la fois l’intégration des nouveaux doctorants dans la communauté de recherche ainsi que le suivi des doctorants en D3 et plus à l’occasion de l’organisation de jurys de pré soutenances de thèse.

Séminaires doctoraux 2021

  • José Moure

    « Penser le cinéma, ses formes et ses enjeux esthétiques »

    Ce séminaire est destiné aux doctorants de l’ED APESA et notamment aux
    doctorants en cinéma. Au cours de chaque séance, plusieurs doctorants
    présentent leurs projets de recherche ou un aspect de celle-ci. Cette présentation
    donne ensuite lieu à une discussion collective où sont questionnés les enjeux
    scientifiques et méthodologiques du ou des thèmes de recherche abordés.
    A la lumière des différents sujets exposés au cours de chaque séminaire, il s’agit
    de se demander non seulement comment interroger le cinéma et ses formes, mais
    aussi comment penser à partir et avec les films.

     

    18h15-20h15
    salle 432 / visioconférence

    1. Lundi 25 janvier 2021 :
    . Un cinéma déplacé. Esthétique du déplacement dans le cinéma latino
    américain contemporain

    2. Lundi 1er mars 2021 :
    . La question du « Mezzogiorno » dans le documentaire italien de l’aprèsguerre
    . La surdité au cinéma

    3. Lundi 17 mai 2021 :
    . L’hypersensibilité dans le cinéma contemporain
    . Etre chercheur.e en Europe

    4. Lundi 7 juin 2021 :
    . Portraits de femme d’action dans le cinéma hollywoodien contemporain
    . Le dédoublement schizophrénique au cinéma
    . La citation et sa portée politique dans le cinéma maghrébin

    5. Lundi 4 octobre 2021 :
    . Le désir féminin dans les cinémas du Maghreb
    . Mises en scène de l’« horreur familiale » dans le cinéma d’horreur moderne (1960-
    1980) et contemporain (2010 à nos jours)

    6. Lundi 8 novembre 2021 :
    . John Ford : du scénario au film au film, une poétique du tournage
    . L’obsession au cinéma

    7. Lundi 13 décembre 2021 :
    . Revisiter les modes mélodramatiques dans le cinéma chinois contemporain
    de 1978 à nos jours
    . Le cinéma : un art des foules

  • Vincent Amiel

    « Pour une histoire des formes du montage »

    1. Samedi 20 mars de 13h à 16h à l'EAS.

     

    2. Samedi 19 juin de 13h à 16h à l'EAS.

  • Olga Kisseleva

    « Art & Sciences : méthodologie d'une recherche interdisciplinaire »

    Ce séminaire doctoral au croisement des disciplines est ouvert à l'ensemble des doctorants.
    Nombre de doctorants inscrits : 12
    Il est constitué de 5 séances de 3 heures.

    Dans le prolongement du séminaire de l’année précédente, nous analysons cette année les démarches interdisciplinaires. Aujourd'hui, alors que les recherches interdisciplinaires deviennent la pratique courante dont profitent de nombreux domaines, tandis que les structures de recherche se réunissent au travers des groupements multidisciplinaires, il semble nécessaire de mettre en place une plateforme d’apprentissage qui permettrait aux jeunes chercheurs l'élaboration d'une méthodologie précise et particulière pour ces pratiques.

    Le séminaire consacré à la méthodologie de recherche interdisciplinaire est à la base de cette plateforme. A travers l'analyse des recherches en cours des doctorants, de leurs écrits et de leurs travaux de création, les séances du séminaire abordent le rôle des arts dans la société à travers les thématiques d’aujourd’hui. Les sujets définis en fonction des besoins des doctorants, sont analysés sous des angles multiples.

    L’originalité de cette formation destinée à tous les doctorants de l’École doctorale APESA se trouve dans son ouverture vers les sciences et dans la spécificité de construction de chacune des séances, qui permet aux participants, de profils différents de confronter leurs méthodologies.

     

    1.     Jardin de l'espoir. Plante en tant que monument commémoratif.

    Samedi 16 Janvier 2021 de 15h à 18h

    Avec la précision de la fonction de l'art contemporain en tant qu’outil de recherche et d’amélioration de la société, la question du territoire et de son appropriation par les artistes prend de plus en plus d’ampleur. Si jadis le seigneur local invitait les peintres pour immortaliser les paysages de son domaine, aujourd’hui les nouveaux procédés sont mis en place par les artistes, comme par les curateurs pour initier des interactions entre les créateurs et le territoire sur lequel ils travaillent. Le lieu, la ville, le paysage, l’urbanisme et l’écologie locale restent bien entendu des thématiques récurrentes. Cependant, les nouveaux modes d’interaction avec les acteurs politiques et économiques, la coopération avec les habitants et la mise en place de réseaux locaux de créateurs, permettent aujourd’hui d’aller au-delà de la simple illustration. Parfois, le potentiel même du territoire, comme la présence des réseaux de création interdisciplinaires, des industries ou des structures de recherches ouvertes au dialogue avec les artistes, in­fluence les thématiques explorées par les artistes, comme le langage plastique des œuvres. Face aux réseaux internationaux de l’art contemporain global, les réseaux locaux se densifient et se spécialisent a‑ n de créer une identité forte de leurs territoires, et d’offrir le soutien à leurs artistes pour les propulser au plus haut de la hiérarchie du monde de l’art.

     

    2. L'art contemporain, le patrimoine naturel, et les œuvres collaboratives.

    Samedi 6 février 2021 de 15h à 18h

    Collaborer consiste à créer un dispositif productif où les individus se mettent au service du        « collectif ». Ce travail particulier provoque des collisions à plusieurs niveaux entre plusieurs interlocuteurs : que ce soit d’un point de vue sémantique, ou tout simplement plastique. Le collectif travaille des intensités, des espace-temps, il est tant produit que producteur de la situation de travail. Le groupe remplaçant l’individu, les heurts initient un mouvement qui est sans cesse stimulé par le discours. Ces collisions font émerger de nouvelles formes et de nouvelles représentations. Explorer différentes formes de groupes et d’autres géométries de travail vise à faire émerger d’autres modalités de construction d’un « commun », une manière autre de faire « société » : performative, active et toujours en mouvement. L’implication des champs disciplinaires permet de questionner les enjeux éthiques et politiques qui traversent l’ensemble des disciplines interpellées.

    N’est-ce pas par l’expérimentation de cet espace de l’entre-savoirs – jusqu’à ce que des idées non encore pensées apparaissent, jusqu’à faire surgir « l’impensé », donc la genèse d’un sens non encore donné – que John Cage entend transformer, l’esprit même de la transmission des connaissances en milieu universitaire ?

    Les doctorants de différentes disciplines – artistes, philosophes, sociologues, historiens d'art - ont été invités à intervenir dans cette séance afin de confronter l'ensemble de leurs points de vue sur les procédés et sur la méthodologie de la création des œuvres à plusieurs.

     

    3.  Les enjeux de la biodiversité. Performance dansée et préoccupations écologiques.

    Samedi 13 mars 2021 de 15h à 18h

    Le développement de l’art écologique permet de parler d’une expérience accumulée, qui est déjà généralisée. Lors de cette séance, nous tenterons de comprendre cette généralisation dans un domaine spécifique - la performance dansée in situ. Nous n'essayerons pas de réaliser une étude de synthèse sur l'art écologique, nous chercherons seulement à comprendre comment les formes plastique se sont construites dans le contexte de l'art écologique et quels sont les moyens offerts par la danse capable d’aider chaque personne à surmonter sa solitude face à la nature. En explorant les ouvertures de l’art écologique, nous émettrons une hypothèse sur la possibilité d’utiliser ce langage de la danse in situ.

     

    4.  Esthétique du réseau. Entre dispositif artistique et expérience esthétique.

    Samedi 10 avril 2021 de 15h à 18h

    Cette séance se propose d’analyser des cas caractéristiques des œuvres d’art en réseau afin de comprendre comment, ces dernières années, l’attention a pu se déplacer du numérique en tant que sujet d’investigation artistique (avec des œuvres finissant par correspondre, de fait, à la manifestation de ce nouveau medium) à moyen d’expression « invisible » et omniprésent, apte à atteindre des effets psycho-perceptifs interactifs et multi-sensoriels jamais expérimentés auparavant par le public, moyen d’expression, au demeurant, inséparable d’une nouvelle réalité et d’une nouvelle façon d’être du corps.

     

    5.  Les ressources plastiques des technologies mobiles.

    Samedi 3 juillet 2021 de 15h à 18h

    Apparu en 2007, le smartphone est très rapidement entré dans notre quotidien, occupant une place de plus en plus prépondérante. L’art ne pouvait passer à côté d’un tel phénomène de société et les premières œuvres réalisées avec des smartphones voient le jour dès 2008. Parfois légères, ludiques et joyeuses, les œuvres du Mobile Art, à la plasticité incroyablement inventive, n’en posent pas moins de nombreuses questions quant à l’introduction des technologies mobiles dans le périmètre des arts plastiques. La plus essentielle portant sans doute sur ce qu’elles sont : la conséquence d’un épiphénomène ou une avant-garde à la nature différenciante ? A la fois héritières de nombre de pratiques artistiques du XXe siècle et formes originales (peintures et lithographies augmentées, œuvres applicatives, QR codes artistiques, par exemple), elles sont réalisées tant par des artistes de renommée internationale que par des créateurs qui ont emprunté les chemins de traverse du monde de l’art. Elles s’expriment aussi bien dans un environnement urbain que dans une poche, sur les réseaux sociaux qu’aux cimaises des centres d’art.

  • Christophe Viart

    « Le langage autorisé »

    Le séminaire Le langage autorisé se donne pour tâche d’interroger la place et la fonction des dits et des écrits, mais aussi des gestes, dans la recherche en art et en sciences de l’art. Il s’intéresse à « l’ensemble des connaissances et des techniques qui permettent de faire parler les signes et de découvrir leur sens » (Michel Foucault).
    Il est ouvert à tou·te·s les doctorant·e·s de l'École doctorale APESA, aux étudiant·e·s travaillant en arts plastiques, en esthétique, en cinéma, en design ou dans d'autres domaines.
     
    Séminaires, les mardis à 17h : en vidéo sur la plateforme Zoom
    Lien sur demande à christophe.viart@univ-paris1.fr
     
     
    Mardi 16 février 2021
    « Toute connaissance est une réponse à une question » I


    Interventions de
    Garance Dor,
    Junseok Mo,
    Elena Valtcheva,
    Xiaodong Liu
    Doctorant·e·s en arts plastiques, École doctorale APESA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
     
     
    Mardi 16 mars 2021
    « Toute connaissance est une réponse à une question » II


    Interventions de
    Emmanuelle Becquemin,
    Orianne Castel,
    Hsuan-hui Wu
    Raziye Ghadimi
    Doctorant·e·s en arts plastiques, École doctorale APESA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
     
     
    Mardi 13 avril 2021
     « Les voix de l’art »
     
    De la genèse du projet jusqu’à sa concrétisation sous forme d'un premier entretien, cette intervention collective vise à présenter le projet de recherche et de vulgarisation « Les Voix de l’Art ». Orianne Castel reviendra sur les idées à l’origine du programme et Adrien Abline en tracera les grandes lignes. Joy Seror exposera les différents axes scientifiques qui s’y inscrivent et Laetitia Perez expliquera le principe des entretiens comme élément moteur de la recherche. Enfin, Melissa Aberkane montrera l’interface numérique qui accueillera les différents podcasts. Cette introduction par quelques membres de l’équipe sera aussi l’occasion de discuter ensemble des possibilités de développement de ce projet. 
     
    Intervention de Meris Angioletti, doctorante en arts plastiques, École doctorale APESA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
     
     
    Mardi 4 mai 2021
    Expériences et expéditions
     
    Patrick Pleutin La peinture comme expérience
    Au moment où s’achève le temps de la thèse, il s’agira de considérer le travail mis en œuvre pour observer et étudier des gestes d’une peinture qui se fait en direct au contact du réel. La question imminente est de savoir comment écrire sur des expériences qui ne cessent de proliférer.
    Patrick Pleutin, doctorant en arts plastiques, École doctorale APESA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
     
    Isabelle Rodriguez : « Je raconte, avec des images qui défilent sur l’écran derrière moi, et dans mes mains ou sur la table… »
    Après une licence à la Sorbonne puis un master d’arts plastiques à l’Université de Saint-Etienne, Isabelle Rodriguez obtient un DNSEP à l’école supérieure des beaux-arts de Nîmes en 2017. Elle construit des récits qu’elle livre à l’oral, présentant des archives – photographies, films, actes d’états civils ou judiciaires – et racontant ses expéditions à travers l’Europe à la recherche des personnages oubliés de l’Histoire. Elle choisit d’explorer plus en avant son rapport à l’écriture en intégrant le master de création littéraire du Havre,. Elle travaille aujourd’hui à l’écriture d’un roman qui raconte, entre autre, comment un orphelinat a été complètement décimé par la grippe espagnole, tout en continuant son travail plastique.
     
     
    Mardi 15 juin 2021
    Pourquoi cette thèse a-t-elle été écrite ? Comment a-t-elle été écrite ? Et pour qui a-t-elle été écrite ?
    Marwan Moujaes Faire usage, douleur et paysage.
    L’objectif de cette intervention est de faire un retour sur les trois années de thèse pour détecter les méthodes, les enjeux, les formes et les difficultés qui lui ont permis d’exister. Après une présentation du sujet et de la problématique, il s’agira de donner des exemples concrets permettant de rendre compte de l’articulation à la fois pratique et théorique qui a été mise en œuvre entre le travail plastique et l’écriture de la thèse. Il s’agira aussi de rendre compte de la distance critique qu’il a fallu entretenir tout au long des trois dernières années. Ce retour d’expérience sera alors formulé comme des réponses aux trois questions suivantes : Pourquoi cette thèse a-t-elle été écrite ? Comment a-t-elle été écrite ? Et pour qui a-t-elle été écrite ?
    Marwan Moujaes, docteur en arts plastiques, École doctorale APESA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
     
     
    Mardi 6 juillet 2021
    Poétique, politique sanitaire
     
    Marwan Moujaes : Théorie de l’humus
    Est humilié celui qui est rabaissé au plus près de l’humus. Est humus cette infatigable décomposition de la couche superficielle du sol. Toute humiliation est une décomposition précoce.
    En suivant la genèse d’une nouvelle création personnelle, cette communication saisira l’occasion de penser l’humiliation non pas uniquement comme un problème d’ordre moral mais comme un évènement capable d’intervenir au cœur de la sémiotique picturale : humilier c’est rabaisser le regard au-dessous de la ligne d’horizon. Humilier c’est occulter un paysage.
     
    Stéphanie Saadé : Fuite vers l’intérieur ou fuite sans issue ? Se frayer un chemin à l’intérieur d’une spirale : un jeu de l’oie.
    Stéphanie Saadé abordera les différentes thématiques ponctuant son exposition-parcours Game of Goose (SALTS, CH, 2020-21 http://www.salts.ch/#/en/exhibition/city-salts-game-of-goose), qui inclut son travail ainsi que celui de 7 autres artistes dont Marwan Moujaes et Maha Yammine. Il sera question d’œuvres oscillant entre les sphères de l’enfance, du ludique, du minuscule, du cosmique, du poétique, du politique et du sanitaire ! Elles sont des allégories, volontaires ou accidentelles, d’événements agitant le monde tels que la pandémie du Covid-19 et le confinement, ainsi que, plus localement, d’événements passés ou présents agitant le Liban.
     

  • Jacinto Lageira

    Jeudi, 18h-20h
     
    Les dates des séminaires (7 séances) sont les suivantes :
     
    - 22 octobre 
    - 19 novembre
    - 17 décembre
     
    21 janvier
    - 18 février
    - 18 mars
    - 15 avril
     
    « Poïèsis et praxis ; esquisses pour une poétique de l’action »
     
     
    Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne (1958), Paris, Gallimard, « Quarto », 2012.
     
    Aristote, La Poétique, Paris, trad. Dupont-Roc / J. Lallot, Paris, Seuil, 1980.
     
    Éthique à Nicomaque, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1959 ; consultable à : https://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Éthique-à-Nicomaque.pdf
     
    Maurice Blondel, L’action (1893), Paris, PUF, 2013.
    L’action (1936), consultable à :
    http://classiques.uqac.ca/classiques/blondel_maurice/action_t1/Action_t1_1936.pdf
     
    Cornelius Castoriadis, Domaines de l’homme (Carrefours du labyrinthe, 3, 1977-1986), Paris, Seuil, « Essais, 1999.
    Fait et à faire ((Carrefours du labyrinthe, 5, 1997, Paris, Seuil, 1997.
     
    Andrew Feenberg, Philosophie de la praxis. Marx, Lukács et l’école de FrancfortMontréal, Lux, « Humanités », 2016.
    Michel Henry, La barbarie (1987), Paris, Livre de poche, « Biblio essais », 2001.
    Hans Joas, La créativité de l’agir (1992), trad. P. Rusch, Paris, Les éditions du Cerf, 1999.
     
    Henri Lefebvre, Le matérialisme dialectique (1940), Paris, PUF, « Quadrige », 1990.
    Métaphilosophie, Paris, Minuit, 1965, réd. Éditions Syllepse.
     
    George H. Mead, The Philosophy of the Act (ed. Charles W. Morris, Chicago: University of Chicago Press, 1938. Consultable à :
    https://brocku.ca/MeadProject/Mead/pubs2/philact/Mead_1938_toc.html
     
    Jean-Marie Vincent, Critique du travail. Le faire et l’agir (1987), réed. Paris, Éd. Critiques, 2019.
     
    Jacques Taminiaux, Chroniques d’anthropologie politique. Poïèsis et praxis des Anciens aux
    modernes, Paris, Hermann, 2014.
     

  • Sandrine Morsillo

    EXPERIMENTER ET EXPOSER COMME ACTES ARTISTIQUES ET REFLEXIFS
     
    Ce séminaire s’adresse plus particulièrement aux doctorants en arts plastiques.
    Lors des séances, des doctorants présentent leurs projets de recherche en mettant en évidence l’expérimentation en œuvre et l’exposition (disposer de manière à mettre en vue/présenter, révéler par le discours) des avancées artistiques.
    Les enjeux scientifiques sont discutés en lien avec la méthodologie adoptée dans la thèse de création-recherche développée. Ces thèses sont liées au « faire ». Car, expérimenter en art c’est « faire oeuvre», c’est tenter des expériences artistiques pour voir ce qui arrive, ce qui se transforme et la façon dont l’hypothèse évolue et se vérifie ou non. Elaborer une méthodologie, c’est apprendre à regarder ce qui se passe, les effets produits, pour donner du sens à l’idée que l’on poursuit, analyser ce qui advient pour comprendre où ces expériences artistiques nous conduisent.
    Le discours accompagne et réfléchit ce « faire ». Si la mise en exposition conditionne la visibilité des œuvres, le discours décrit et analyse le processus au travail, les techniques, les expériences. Le texte poursuit le questionnement mis en œuvre par le processus en cours, analyse la pratique plastique en se référant à des théories, des œuvres, et permet de révéler les apports cognitifs. Il s’agit donc d’envisager la connaissance comme l’objet d’une compréhension par la pratique. Exposition d’une expérimentation, expérimentation d’une exposition comme un double mouvement qui ouvre à un entremêlement du discours et de la forme en formation.
     
    Inscription pour avoir le lien ZOOM.
     
     
    Calendrier :


    Mardi 9 mars 9 à 12 h : Processus artistiques et analyse des pistes de réflexion
    Jeudi  8 avril  de 13 à 16 h. : Luci Garcia : Dessin heuristique, la théorie par le processus.Radmila Urosevic : La peinture, le subjectile et le tableau : de la production à l’exposition


    Jeudi 8 avril de 13 à 16 h. 
    Luci Garcia : Dessin heuristique, la théorie par le processus.
    Radmila Urosevic : La peinture, le subjectile et le tableau : de la production à l’exposition
     
    Mercredi 5 mai de 10 à 13 h
    Clément Davenel : Déconstruire la peinture pour construire son exposition 
    June Allen : L'abandon dans la création plastique, en temps de crise.

     

    Jeudi 10 juin 2021 de 13 à 16 h
    Staphanie Kamidian : Des spectateurs à l'oeuvre : l'image et le regard
    Agathe Roux : les processus de collecte de récits pour raconter plastiquement 
    Christine Pinto L'estampe comme peau : dévoilement intime et intimité du contact.
     
    Samedi 16 Octobre 2021 de 10 à 13 h
    Béatrice Martin : Le travail de l'art “par le milieu” (ex. d'un atelier avec des volontaires, pour coopérer entre deux lieux institutionnels)
    Magali Massoud : Portrait croqué ; proximité du regard et temporalité du contact.
    Emmanuelle de Roman : Pédagogie du projet pour l’enseignement d’une mode éco-responsable 
     
    Samedi 28 Novembre 2021 de 10 h à 13 h
     Meng Jiao : La céramique picturale, conter par la trace du feu.

  • Pascale Weber

    Formes et pratiques performatives : quelles questions aujourd’hui ?

     

    Ce séminaire est destiné aux doctorants et ouvert aux étudiants de M2 de Paris 1.
    Je le dirige avec la collaboration de Sophie Wahnich directrice de recherche, CNRS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (IIAC-LACI) et Sylvie Roques  / chercheure associée IIAC. Il est suivi par des doctorants de l’EHESS, l’École du Louvre...

     
    -Un argumentaire de 15 ou 20 lignes : 

     
    Dans la tradition du langage populaire, la performance signe une évaluation hiérarchique dans l’excellence ou dans l’exploit, mais depuis les années 1960 et ses avant-gardes artistiques, le mot « performance » évoque une action unique, donc non répétable, avec en son cœur la dépense corporelle, physique et l’accomplissement offert au regard du public. Seule existerait l’épaisseur quasi physique d’une mise en acte. Le mot anglais « performance » le dit plus spécifiquement encore : « The act of performing, execution, accomplishment » (Webster’s Dictionary). Deux voies ont dominé dans ce qui pourrait s’appeler l’enjeu de la performance artistique. La première est celle d’une exploitation quasi politique, l’utilisation de l’effervescence gestuelle par exemple comme un acte de transgression, un acte de remise en cause d’un ordre, la contestation concrète, quasi exemplifiée, des normes dominantes, des tabous, des frontières acquises. La seconde est plus individuelle, identifiée davantage au geste esthétique, elle est affirmation de singularité, exposition d’un soi. Elle décline les forces et les fragilités d’une identité. La première s’accordait avec une culture de la contestation, celle des années 1960-1970, celle d’un corps jouant avec toutes les transgressions, de l'avant-garde. La seconde s’accorde avec une culture de l’individualisme telle qu’elle s’est affirmée durant ces dernières décennies. Aujourd'hui un versant central de la performance théâtrale affirme pouvoir exprimer le « tout » dans un immédiat sans distance, donner à la présence de chair tangible et  instantanée, la valeur d’un « dire » sans parole. Dans cette perspective, il s’en suit un brouillage possible de frontières. La mise à distance qu’opérait la catharsis s’en trouve affaiblie. Les effets de la « mise à distance » étant compromis, c’est bien l’ordre symbolique qui en est affaibli : la présentation l’emporte sur le représentation, et le « performer » l’emporte sur le « personnage ».
    Cet effacement de la parole comme de la politique n’est pourtant pas généralisable. Des performeur.e.s  au contraire revendiquent depuis des pratiques corporelles comme la danse, la possibilité d’une performance verbale, discursive à valeur politique et mémorielle. Avec le retour de la parole nous assistons aussi au retour de l’historicité et de la politique. Ré-émerge l’idée de performances non plus individuelles mais collectives telles que l’anthropologie a pu les analyser avec les notions de social drama de Turner, ou de performance ordinaire, chez Richard Schechner. La performance se reconfigure ainsi constamment dans ses enjeux politiques, culturels ou sociaux appelant pour l’analyser une exigence d’interdisciplinarité. Depuis des expériences aussi bien artistiques que politiques, historiques que contemporaines nous interrogerons ce que la notion de performance nous oblige à penser ensemble qui d’ordinaire demeure le plus souvent disjoint : le présent et le sédimenté sur le temps long du sujet comme du corps social, l’inventif et le répétitif, le conforme et le transgressif, l’entièrement neuf et le mémorial, le corps et la parole. Nous aimerions ainsi depuis des analyses de performances artistiques mais aussi sociales, rituelles, politiques interroger ce que la notion de performance offre comme ressource épistémologiques pour ressaisir nos disciplines ( histoire, science politique, anthropologie, études théatrales, psychologie) sur des embranchements encore peu explorés ou abandonnés.

     
    -Le calendrier des séances avec intitulé par séance : 8 séances de 2H (16h)

     
    2 mars : introduction
     
    16 mars : Marcia Almeida Professeur PPG Arte, UnB (Univ Brasilia), programme directeur d’études Associé DEA 2021 : « L'inclusion des personnes aveugles : l'acuité corporelle comme fondement de l'autonomie de l'expression poétique. Une question politique et sociale »
     
    6 avril : Simona Polvani « La performativité dans l’œuvre et la pratique de Gao Xingjian »
     
    20 avril : Diane Scott, critique dramatique et rédactrice en chef de Revue Incise autour du  thème : Performance et lieux 

     
    4 mai  : Véronique Alexandre Journeau (Paris 4-LangArt)  : performance et notation 

     
    18 mai  : intervention à définir

     
    1er juin : Christine Douxami : « Performance et théâtres politiques »
     
    15 juin : Conclusion et l’intervention de Julie Métais Post-doctorat en anthropologie politique accueilli au Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains à l’Université libre de Bruxelles, programme conjoint ULB/Marie Sklodowska Curie : « Performer le conflit. Festivités populaires, contestation et violence au Mexique

     
    -L’horaire et la salle : 
     
    19:00-21:00, en Visio-conférence
     
  • Yann Toma

    L’ENERGIE ARTISTIQUE


    Tentative de définition du concept d’énergie artistique

    Mardi 20 avril (18h-21h), Mardi 4 mai 2021 (18h-21h), Mercredi 2 juin (18h- 21h), Mardi 29 juin 2021 (18h- 21h), Mardi 7 septembre (18h-21h), Mardi 5 octobre (18h-21h), Mardi 2 novembre (18h-21h). Soit 21 heures.
    Lorsque l’on fait l’expérience d’une œuvre d’art il peut arriver que nous mettions en mouvement notre pensée, que nous accélérions nos connexions neuronales vers une déferlante d’énergie. Sans le savoir, nous augmentons notre potentiel heuristique et créons de la conductibilité (et de la compétition à la fois) entre ce que nous nommerons les « attracteurs ». Cette interaction génère de l’énergie.Au stade expérientiel, l’énergie artistique est de l’énergie physique mise en mouvement par la pensée.

    Dans la théorie de la relativité d’Einstein, il y a une formule célèbre qui lie la masse d’un corps en mouvement à celle d’un corps au repos. Ainsi la masse d’un corps qui s’approche de la vitesse de la lumière devient infinie. Prenons l’exemple de l’usage de la pensée dans le cadre d’une action qui serait à visée artistique.

    En utilisant une analogie où l’énergie artistique est de l’énergie physique mise en mouvement par la pensée, on obtient la formule selon laquelle la vitesse à laquelle l’énergie physique peut-être transformée en énergie artistique croît avec la vitesse d’échange des pensées. Et plus la vitesse d’échange des pensées augmente, plus l’énergie générée par les attracteurs se transforme rapidement en énergie artistique. Si la vitesse à laquelle les pensées échangées atteint celle de la lumière, la création d’énergie artistique devient alors infinie.  

    Voir annexe.
    Peut-on mesurer la force de transformation de l’énergie de l’art que les artistes produisent seuls ou à plusieurs dans un contexte de création donné ? Cette formule de l’Energie Artistique (EA) pourrait-elle être incorporable universellement ? Serait-il possible de la voir réinterprétée par tous, investie à son tour par tout individu ou groupe en capacité de l’activer ? Par un simple dialogue portant sur l’expérience des œuvres, ce séminaire de recherche doctorale engagera les doctorants dans un processus de travail tourné vers le bien commun et vecteur d'innovation.