Éthiques et mythes de la création
L'école doctorale Arts Plastiques, Esthétique et Sciences de l'Arts s'associe à l'université Paris Saclay pour une séance exceptionnelle du séminaire “Éthiques & mythes de la création” (EMC) dirigé par Sylvie Dallet (Institut Charles Cros / Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines, autour de l’animalité artistique et transcendée (dont le chamanisme).
Thème de la séance : Animaux fantasmés, animaux transcendés.
La figure de l’animal varie selon les cultures contemporaines, dans une énigme interprétative qui convoque des héritages spirituels anciens aussi bien qu’elle questionne le politique, dans ses usages domestiques ou ses capacités contestataires.
Deux conférences illustreront cette créativité animalière avec des interventions de Sylvie Dallet et Wei Liu et une modération de Miguel Almiron (professeur des universités à Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
Sylvie Dallet est professeure des universités (Arts), directrice de recherches (CHCSC- UVSQ Paris Saclay) et peintre, autrice de l’ouvrage Chamanisme & sorcellerie, destins croisés (2024) et postfacière de l’ouvrage collectif Miroirs de l’âme, voyages en esprit, dirigé par Giulia Bogliolo Bruna & Adrien Viel (2025).
Wei Liu est une artiste chinoise et docteure en Arts (Université de Paris Saclay), autrice de L’animalité dans l’art contemporain chinois depuis 1978.
Cinq peintures de Sylvie Dallet seront exposées toute la journée du 9 avril en salle 244.
Entrée libre dans la limite des places disponibles : merci de confirmer votre présence par mail : sylvie.dallet@uvsq.fr
Résumés :
Sylvie Dallet : la domestication de certaines espèces et l’évolution des besoins en nourriture effacent souvent, à l’époque contemporaine, la figure de l’animal, partenaire ancestral de l’humanité. Pourtant, l’animisme traditionnel attribuait à chaque espèce une âme qui pouvait, naguère, tels que les contes en attestent, s’inscrire sur des chemins d’alliance avec l’être humain. Cette voie de l’attention sensible, a forgé, dans les différente cultures, les formes expressives du chamanisme qui combine, par la transe, l’animalité première avec une parentalité mythique. Au delà de formes protectrices des bannières archaïques (le loup, l’ours, le léopard…), la mythologie gréco-latine, réservoir alternatif de la pensée européenne, assignait à l’animal (biche, cygne, lion etc), la capacité des transformations divines ou de l’accompagnement sauvage. La création artistique perpétue ces formes d’alliances où la créativité du symbolisme permet la pensée.
Wei liu : Dans l’art contemporain chinois, l’animal apparaît comme une figure centrale, à la croisée de la tradition et de la modernité, de l’Orient et de l’Occident. Quelle est la signification de cette présence dans la création post-1978 ? À partir de l’analyse d’œuvres majeures et d’une réflexion issue de ma pratique artistique, cette communication montre que l’animal fonctionne à la fois comme métaphore et comme présence active, participant à une redéfinition de l’humanité après la Révolution culturelle. En replaçant ces pratiques dans l’histoire de la pensée chinoise et ses transformations sous influences judéo-chrétiennes et marxistes, nous proposons d’interpréter le sacrifice de l’animal comme un phénomène esthétique que nous nommons « animaRité ». Dans un contexte post-Covid et face à l’essor de l’intelligence artificielle, cette notion ouvre des perspectives vers une relation de complémentarité entre l’homme et l’animal.