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Exposition

Exposition Interlude

La galerie Hebert propose, du 23 mars au 5 avril 2026, son espace à de jeunes artistes - étudiants et anciens étudiants du Master 2 Arts plastiques et création contemporaine de l’École des arts de la Sorbonne (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Certains d’entre eux participent, sous la supervision de Miguel Almiron, à la construction des archives et du catalogue des œuvres du peintre CONRAD.

L’exposition Interlude s’inscrit dans ce geste de transmission et de reconnaissance. Elle marque un passage : entre les expositions à venir de CONRAD et l’émergence de pratiques contemporaines portées par une nouvelle génération.

Le terme interlude désigne ici un entre-deux, entre deux états, deux gestes, deux temporalités. Il ouvre un champ où les œuvres se construisent, se déplacent, hésitent parfois, mais affirment déjà des écritures singulières.

Douze artistes (photographes, peintres, sculpteurs, vidéastes, performeurs) composent un ensemble hétérogène où les médiums dialoguent. À travers leurs œuvres, ils interrogent les notions de présence, de mémoire, de transformation et d’attente — autant de formes de cet « entre-deux ».

Dans ses photographies performatives, Jeremy Buldo met en scène une attente suspendue. Dans L’auteur est mort. Vive l’auteur ! (2025), il se tient dans un aéroport, tenant un panneau au nom de « Baudrillard ». À la manière d’En attendant Godot, la scène met en tension une présence sans réponse. Jeremy, met en tension présence et absence, convoquant une figure qui ne vient pas, ou qui n’a peut-être jamais été là. L’attente devient ici un espace critique, où l’auteur, disparu ou fantasmé, persiste comme trace.

Cette question du surgissement traverse également les œuvres picturales. Chez Anaïs Ganivet (Éclosion, 2022), la matière délicate de l’aquarelle et du pastel semble faire émerger des formes en devenir, comme à la lisière du visible. Chenyu Zhu (Île, 2023) propose un territoire flottant, instable, entre abstraction et paysage.

Les peintures de Victoria Mounet (Côté d’Albâtre, 2025), Zohra Oudaoud (Paysage 60, Paysage 22, 2025), Inès Suissa (Paysage Tunisie, 2025) ou encore Jean-Louis Sabot (Paysage de marais, Ploemeur, 2026) et Ruben Martinez Contreras (Nazanin, 2024, study of the surrounding world, according to the lunch break, 2023) explorent quant à elles des espaces sensibles, où le paysage ou le corps devient un lieu de projection, de mémoire ou de transformation.

Asma Noui et de Nayla Agrazar déplacent la réflexion vers le geste, la trace et les rites. Dans la vidéo Asma Noui (Ya hajenjen, 2023), huit mains modelées en argile, convoquent le geste d’enfance, entre méfiance et élection, dans un jeu collectif de son pays natal. Nayla Agrazar, avec Mate compartido (2025) et Restos (2024), inscrit dans la matière - plâtre, corde, végétaux - des formes de partage, de rituel et de transformation organique, où les restes des herbes utilisez dans « le mate », boisson typique d’argentine, remplissent les contenants et langage.

La photographie, enfin, chez Xiaoyu Ding et Agnès Deschamps, participe de cette déréalisation. Les images ne documentent pas simplement le réel : elles produisent des états intermédiaires, des espaces altérés, des temporalités suspendues. Xiaoyu Ding (Intouchable Space, 2022) propose un espace altéré, recomposé, tandis qu’Agnès Deschamps, à travers ses séries (Axel I, Axel II, La Goule aux Fées, Ciaran, L’Heure Bleue), capte des fragments de paysages, de présences et de temporalités.

Réunissant plusieurs générations issues d’un même lieu de formation, Interlude met en lumière la continuité d’une recherche et la pluralité des trajectoires. 

Commissaire d'exposition : Miguel Almiron